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iGEM Paris 2007 (Le Monde 13/01/2008)

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LM

Un club scientifique pour créer de nouvelles formes de vie

Article paru dans l'édition du 13.01.08

Demain, les gourmands pourront peut-être déguster à satiété leur foie gras préféré sans grossir pour autant. A condition d'avoir avalé au préalable un yaourt spécial, contenant une bactérie mangeuse de graisse, la Diet coli. Celle-ci n'existe pas dans la nature, mais elle pourrait être créée en modifiant une bactérie banale, Escherichia coli, qui pullule dans nos intestins. Un exemple parmi d'autres des travaux auxquels se consacrent les jeunes chercheurs du Centre de recherches interdisciplinaires (CRI) de la faculté de médecine René-Descartes (Paris-V), par le biais de la biologie synthétique.

Cette discipline était inconnue en France, jusqu'à ce que David Bikard, élève de l'Ecole d'agronomie de Paris, la découvre au Polytechnicum de Zurich. En 2006, de retour en France, il contacte François Taddei, directeur du CRI, qui l'accueille dans son équipe.

Pluridisciplinaire par essence, la biologie synthétique a pour objet la conception de nouveaux systèmes biologiques n'existant pas dans la nature, afin de leur faire exécuter les fonctions souhaitées. Mais avant de pouvoir fabriquer des systèmes complets - ce que les chercheurs ne savent pas encore faire -, il faut notamment apprendre à assembler ses « composants » de base, soit des séquences d'ADN dont la fonction a été identifiée. Epaulé par un étudiant en médecine, Eimad Shotar, M. Bikard propose à cet effet à François Taddei de créer un « club scientifique » de biologie synthétique pour les étudiants. Ariel Lindner, chimiste et immunologiste de renom, les soutient. Très vite, des chercheurs confirmés affluent.

Les deux initiateurs montent alors une équipe pour participer au concours international de biotechnologies IGEM, organisé par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) de Boston. Plusieurs donateurs apportent les 33 000 euros nécessaires. Les membres de l'équipe française ont remporté le prix dans la catégorie « recherche fondamentale ». Ses membres vont pouvoir unir leurs compétences pour mieux comprendre ce qui crée ou anéantit les êtres vivants. Et pour réinventer la vie.

Annie Kahn