DU "Philosophie pratique de l’éducation et de la formation"

"Philosophie pratique de l’éducation et de la formation", Diplôme Universitaire délivré par Université de Paris, en formation continue

Attention, cette formation est gelée pour l’année 2020-2021. Nous vous remercions pour votre patience et restons à votre disposition pour plus amples renseignements.

Objectifs de la formation

  • Cette formation diplômante vise le renforcement professionnel des acteurs de l’éducation et de la formation, et l’accompagnement des évolutions professionnelles.
  • Elle dispense un outillage conceptuel actualisé pour l’analyse des pratiques professionnelles, des dispositifs et institutions d’enseignement et de formation, et de leurs enjeux.
  • Elle partage des ressources et des expériences de dispositifs expérimentaux d’enseignement et de formation.
  • Son objectif est de renforcer la réflexivité et l’inventivité des acteurs.
Points forts

Points forts

Renforcement professionnel, réflexivité et inventivité peuvent être mis au service d’une valorisation des carrières, d’un projet de conversion thématique, de préparation de concours, de qualification pour des nouveaux professionnels.

Éligibilité

Qui peut rejoindre cette formation ?

  • La formation est destinée aux personnes professionnelles dans l’éducation et de la formation : enseignants de toutes disciplines et de tous niveaux en éducation formelle ou non formelle, formateurs d’adultes, éducateurs, animateurs, documentalistes, coachs, concepteurs de formation, consultants et évaluateurs, personnels de direction d’établissements, concepteurs des industries de formation (startups, éditeurs), membres des associations et des collectivités oeuvrant pour l’éducation à la santé, au développement durable, à la lutte contre les inégalités...
  • La formation est l’accompagnement d’une reconversion vers les métiers de l’éducation et de la formation.
  • Le niveau demandé est celui d’une licence universitaire acquise.
  • Une dérogation est toujours possible, sur la base de la motivation.
Équipe pédagogique

Qui intervient dans cette formation ?

  • Sophie Audidière, Université de Bourgogne-Franche Comté, Logiques de l’agir / responsable de la formation
  • Sébastien Charbonnier, Université de Lille, CIREL
  • Antoine Janvier, Université de Liège, Matérialités de la politique
  • Vanina Mozziconacci, Université de Paul-Valéry-Montpellier 3, LIRDEF
  • Julien Pasteur, Université de Bourgogne-Franche-Comté, Logiques de l’agir
  • Sophie Wustefeld, Université de Liège, Matérialités de la politique
Organisation

Comment s'organise la formation ?

Modules de formation

Module 1 – Philosophies politiques

Le premier cours approfondit la dimension nécessaire et problématique de la formation du sujet humain à partir de ses enjeux politiques et à travers des exemples d’expérimentations, scolaires ou non. Il propose une analyse du concept d’éducation tel qu’il s’est constitué à l’époque moderne autour de trois enjeux: un enjeu politique, un enjeu socio-économique, et un enjeu clinique. Une attention particulière sera portée aux expériences pédagogiques menées dans une perspective d’égalité aux 19ème et 20ème siècles.

Le deuxième cours appréhende les tensions constitutives et réactualisées du modèle institutionnel républicain, articulé autour des principes d’égalité des chances et de laïcité. Il interroge l’idée d’une philosophie de l’institution (ici, l’institution scolaire) et la question politique du conditionnement réciproque du “sujet” et de l’institution.

Module 2 – Humanismes et éthiques de l'éducation

Le premier cours aborde la problématique suivante : « Qu’est-ce qu’apprendre ensemble ? », en réfléchissant sur les enjeux philosophiques et la grande exigence de ce « ensemble ». Le fil sera double : épistémologique et éthique. Il s’agira de comprendre à quelle(s) condition(s) une idée peut avoir du sens pour celui qui l’apprend – et comment se forme la relation éducative. L’analyse de ce qu’est un problème philosophique permettra de saisir les conditions nécessaires pour qu’un individu s’approprie réellement une idée ou un geste. On explorera l’hypothèse éthique et démocratique radicale suivant laquelle les processus d’apprentissage ne peuvent avoir lieu que si les individus établissent entre eux une relation d’égal à égal. En effet, un certain apprentissage du rapport à l’autre se joue au cœur de tout apprentissage et de toute relation éducative : s’y forme notamment la confiance en soi (en un sens philosophique et proprement éthique et pas seulement psychologique).

Le deuxième cours porte sur la question des valeurs en éducation ; premièrement, c'est la problématique du relativisme qui sera abordée. La relativité des valeurs conduit-elle immanquablement au relativisme ? Celui-ci représente-t-il un péril pour l’éducation ? Si oui, faut-il adopter en éducation un modèle moral qui revendique une prétention à l’universel (utilitarisme, déontologisme) et rejeter les "éthiques à visage humain" particularistes, comme le care? Ensuite, c’est l’articulation entre valeurs et normes qui fera l’objet de notre étude. Il importera d’abord de les distinguer pour comprendre ce qui les lie puis de montrer l’ambivalence de la norme, entre cadre qui rend le monde habitable et violence qui peut enfermer ou exclure (comme c'est le cas avec toute norme sexiste ou raciste). Enfin, nous traiterons une question vive, à savoir celle de la place du bonheur en éducation. Celui-ci peut-il être une valeur éducative ? La valorisation du bien-être et du développement personnel en éducation ne risque-t-elle pas de se dévoyer en injonction au bonheur ? Une telle injonction conduirait à davantage discipliner, contrôler et sur-responsabiliser les individus. Pour traiter ces différentes questions, l'accent sera mis sur des exemples issus des études de genre.


Module 3 – Philosophies de la culture et des savoirs

Dans une perspective (éco)féministe et décoloniale, le premier cours s'attachera à interroger ce que les définitions "du savoir" fait à l'enseignement. Autrement dit, nous interrogerons comment les (des) rapports de pouvoir à l'oeuvre dans la constitution d'un savoir fait aux relations entre enseignant·es et élèves lors de sa transmission. Le syntagme de « révolution numérique », généralement secondé par celui « d’Humanités numériques », fait désormais partie intégrante des discours sur l’école et l’éducation. Il cristallise des enjeux auxquels il est difficile de ne pas souscrire : favoriser l’insertion des élèves dans les « sociétés de l’information et de la communication », initier aux usages induits par les différents réseaux, former le « citoyen du XXIème siècle ». Mais sait-on précisément ce que l’on entend par là ? Une rhétorique particulière, issue de la cybernétique et du « nouvel esprit du capitalisme » (Boltanski, Chiapello), entretient un certain flou idéologique dont une nouvelle langue porte et véhicule les stigmates (adaptabilité, dispositif, flexibilité, innovation, disruption …). Comment comprendre que le mariage des « nouvelles technologies de l’information et de la communication » avec l’école apparaisse souvent aux premiers concernés comme une injonction plutôt que comme un choix, comme une obligation verticale plutôt que comme une décision collective intégrant les armes de la critique ? Quelles sont les sources intellectuelles de la transformation silencieuse qui se joue non seulement à l’école, mais dans l’ensemble des sociétés modernes par la constitution des identités numériques ? S’agit-il seulement d’une évolution technologique, qui touche la dimension pragmatique des modes d’apprentissage, ou faut-il y voir une altération profonde de l’image de l’homme lui-même, de son rapport au réel, au monde, à autrui – ce qu’avec Peter Sloterdijk, on nommera une anthropotechnique ? Telles sont les questions qui seront à l’horizon de ce cours, et dont on tentera de dérouler l’histoire et la généalogie à l’aide de quelques théories contemporaines.

Module 4 – Ateliers et travail tutoré à distance

Partage des travaux, questionnements et expériences individuels, portfolios personnels, accompagnement des cours, accompagnement pour le travail final.

Évaluation

L’évaluation est réalisée :

  • par le respect de la condition d’assiduité et de participation active aux sessions de formation
  • d’autre part :
    • par l’écriture de deux travaux en cours d’année à la suite des deux premiers modules de cours
    • par une communication orale en fin d’année, basée sur un texte écrit de 2000 à 3000 mots
Informations pratiques
Contacts DU

Coordination & administration : du.pef@cri-paris.org

Responsable du diplôme universitaire : Mme Sophie Audidière (Université de Bourgogne-Franche Comté)

Coresponsable du diplôme universitaire : Mme Sophie Pène (Université de Paris)

Admission

Cette formation est temporairement suspendue. Pour plus de renseignements sur la future promotion à venir, n’hésitez pas à contacter l’adresse suivante : du.pef@cri-paris.org

Durée de la formation, lieu et dates
  • 3 sessions :
    • Session 1 : 1 séance de trois heures de tutorat collectif fin janvier.
    • Session 2 : 1 séance de trois heures de tutorat collectif fin avril.
    • Session 3 : 1 séance de trois heures de tutorat collectif fin août.
    • Présentation et soutenance des travaux
  • Durée totale de la formation : 75 h de formation, dont 12h de tutorat collectif et 15h d’accompagnement pédagogique individuel (en continu tout au long de la formation) + Travail personnel : en continu tout au long de la formation, travail individuel de lecture et d’écriture, accompagné par le tuteur (évalué à 100h de travail personnel)
  • Lieu principal : FDVA CRI, Paris